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La qualité de l’eau, ça commence à bien faire !




par Michel Raynal (ATMP Aveyron)

« L’environnement, ça commence à bien faire ! ». La formule de Sarkozy était brutale. Après avoir signé le pacte environnemental et consenti au Grenelle sous la pression de la société civile, il dévoilait son opportunisme, accumulant les mesures contraires. Il faut se rendre à l’évidence, la présidence Hollande et le gouvernement actuel ‒ pourtant allié à EELV ‒ peuvent faire pire !

Ainsi, des textes adoptés depuis le 31 décembre 2013, dispensent les futures porcheries de présenter les études techniques et d’impact permettant de s’assurer d’une préservation minimale de l’environnement, mettant une nouvelle fois à mal la directive européenne (DCE, Directive Cadre Eau) visant à un bon état écologique des eaux afin de garantir la santé des populations. Jusqu’à présent, les élevages de plus de 450 porcs devaient faire l’objet d’une enquête publique, d’une étude d’impact, d’un passage devant le Conseil départemental de l’environnement (CODERST). Il suffirait désormais d’une simple déclaration jusqu’à 2000 têtes pour obtenir une autorisation tacite d’exploiter.

Le lobby porcin peut pavoiser. Responsable de la dégradation des eaux et des proliférations d’algues vertes, destructeur de biens publics, il a poussé aux limites le modèle productiviste de la filière agroalimentaire bretonne. Et pour masquer cette faillite, il a eu le culot d’accuser la taxe carbone !

Même si c’est moins catastrophique et caricatural en Rouergue, le CODERST n’a jamais permis aux associations de protection de l’environnement et aux pêcheurs de faire prévaloir leur avis sur les dangers de pollution liés aux implantations d’usines à cochons. Les administrations, y compris celles chargées de défendre l’environnement comme la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), votant systématiquement pour les projets présentés, même quand elles avaient émis des critiques. L’autorisation tacite en dessous de 2000 têtes n’aurait pas permis aux citoyens réunis en association de critiquer comme ils l’ont fait, les deux projets « d’usines à cochons » ci-dessous.

A Causse-et-Diège, c’est l’étude primitive hydrogéologique qui a du être retoquée (pollution sur les grottes de Foissac, menace sur l’emploi). A Balaguier les Amis de la Terre Midi-Pyrénées se sont joints à l’association pour le développement durable de la vallée du Tarn avec la Fédération des Grands Causses pour, après de vaines négociations, porter l’affaire devant le tribunal administratif en raison des insuffisances du dossier (concernant l’état des lieux de la qualité des eaux, l’étude d’impact, les preuves des capacités techniques et financières). L’étude n’abordait par exemple que l’impact des épandages sur le bassin du Rance, en excluant deux autres bassins, le tout dans l’ignorance de la directive européenne et du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) qui enjoint de gérer rigoureusement les têtes de bassins fragiles et en bon état, abritant des espèces protégées (écrevisses à pattes blanches).

Quantité ou qualité, il faut choisir. Veut-on produire bon marché pour la grande distribution, non pas sur la paille mais sur caillebotis, c’est-à-dire en épandant du lisier polluant (pas du fumier), favorisant les épidémies et l’emploi d’antibiotiques ? Veut-on continuer la course au gigantisme qui ne crée pas d’emplois et pousse au contraire de nombreux petits producteurs à s’arrêter ? Le Rouergue n’est pas adapté à ces productions et ne pourra jamais rivaliser avec les usines d’élevage situées près des grands ports. Il doit trouver un autre modèle, plutôt de qualité, en rapport avec la bonne réputation gustative de ses produits. A l’exemple des porcs élevés sur des parcours de plein air, dont la viande subit un temps suffisant d’affinage (serrano, pata negra), qui sont beaucoup plus rentables.

Les ATMP avaient donné un avis négatif à la consultation publique sur ce projet de décret modifiant la nomenclature des installations classées s’appliquant aux porcs, en déplorant le contexte actuel de desserrement des contraintes sur les entreprises polluantes. Déjà, avant 2012, un texte avait modifié le calcul des surfaces agricoles pour permettre un épandage de lisier sur des surfaces plus importantes. Plus récemment, de nombreuses communes de l’Aveyron ont été dispensées des précautions à prendre pour éviter la saturation par les nitrates (zones vulnérables). Tout cela fait de nous le mauvais élève de la qualité de l’eau, et les amendes européennes s’ensuivent : contribuables à vos poches !


Publié le samedi 1er mars 2014.

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