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Samedi 14 Septembre 2013 : “AVENIR RADIEUX, une fission française”




Vu le succès de l’année dernière, LES AMIS DE LA TERRE MIDI-PYRENEES et le Réseau SORTIR DU NUCLEAIRE font revenir à Toulouse :

NICOLAS LAMBERT

et sa pièce de théâtre :

“AVENIR RADIEUX, une fission française”

à 21 h au “HANGAR” 8, rue du Bagnolet 31100 TOULOUSE (métro Arènes)

Tarifs 12 € / 6 €

Pour plus d’information sur la pièce de théâtre et Nicolas Lambert :

http://www.unpasdecote.org/les-spec...


Seul en scène, Nicolas Lambert fait revivre à lui seul soixante ans d’investissement dans le nucléaire. Une rétrospective drolatique si ce n’était la gravité du sujet et qui accumulent les gros plans explosifs.

Il n’y a pas d’alternative. L’argument a déjà beaucoup servi mais semble inusable. On ne promet ni plus ni moins qu’un impossible retour au Moyen-Age aux adversaires sinon aux perplexes de l’atome. Le recours à l’énergie atomique est pourtant récent et, en-dehors de toute considération de sécurité, rien n’indique qu’il ait beaucoup plus d’avenir que le pétrole. Les réserves d’uranium dans le monde sont, elles aussi, comptées.

L’OMS interdit le droit de donner son avis sur le sujet

Cela mériterait un débat plutôt qu’un déni et c’est sur ce mode-là que Nicolas Lambert commence son spectacle, Avenir radieux, une fission française. Il rejoue ainsi les épisodes d’un débat public autour de l’utilité et des modalités de construction d’une deuxième centrale nucléaire EPR sur le site de normand de Penly. Se succèdent, dans le plus pur style parodique, les responsables de la filière industrielle, de son exploitation, l’agence chargée de la sécurité, des riverains un peu inquiets et jamais consultés, des salariés qui se plaignent de leurs conditions de travail, des officiels du voisinage. Comme cet adjoint d’une mairie limitrophe qui regrette l’absence d’informations sur les transports de matières nucléaires qui traversent sa commune et qui en guise de réponse se voit opposer le "secret défense". On sourit de la caricature. Mais tout est authentique, affirme l’auteur-comédien.

Il entreprend même de nous montrer une réalité bien pire. Seul en scène, avec un sens de l’imitation savoureux, il réincarne les principaux acteurs qui ont mis en place la filière nucléaire. Avec une tendresse particulière pour son artisan principal, Pierre Guillaumat. Un homme aux talents multiples : ingénieur, Résistant dans les services secrets, il est après 1945 directeur des carburants, puis administrateur général du CEA (commissariat à l’énergie atomique). C’est sous sa direction qu’est mise au point la bombe nucléaire nationale. Il sera ensuite à la tête de EDF puis de ELF. Mais il a fallu au père du nucléaire l’accord des politiques dont Nicolas Lambert reprend des discours étonnants - de Guy Mollet à Sarko en passant par Messmer, VGE, Mauroy. Tous ont mis en avant une énergie propre, sûre, économique garante de l’indépendance nationale fondée sur un savoir-faire technologique unique et performant. Mais c’est en achetant des licences américaines à l’entreprise américaine Westhinghouse que le parc français de centrales a été construit… Aucun commentaire à propos de Tchernobyl

Quant à la sécurité, le sujet fâche toujours. Au point - rappelle l’interprète qui nous mène de surprises en ahurissements - que l’OMS (l’organisation mondiale de la santé) s’est vu interdire le droit de donner son avis sur le sujet. Elle s’est ainsi abstenu de tout commentaire à propos de Tchernobyl comme de Fukushima. Elle précise même dans un rapport daté de 1958 : "du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude."

A l’évidence, Nicolas Lambert fait avec ce spectacle un pari inverse. Plus citoyen et conforme au théâtre inventé par les Grecs en même temps que la démocratie pour questionner la cité. Ce qui n’est ni terne ni triste pour autant.

Jean-Luc Bertet - Le Journal du Dimanche


Publié le vendredi 6 septembre 2013.

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