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Contre l’obsolescence programmée, pour l’éco-conception, la réparation, le recyclage




L’iPad Mini, après les iPad 3 et 4 ; quatre générations d’iPad en deux ans, six d’iPhone en cinq ans ! ... Voilà ce qu’on appelle l’obsolescence programmée des objets : proposer tous les 2 mois de nouveaux produits et convaincre le public de les acheter alors que les « anciens » restent tout aussi valables et utilisables.

Qu’est ce que c’est ?

Un équipement, un appareil est obsolète ou considéré comme tel quand on cesse de l’utiliser et qu’on le remplace par un produit nouveau, plus performant (peut-être), plus à la mode, plus beau ; et ceci alors que l’objet abandonné est encore fonctionnel, ou pourrait l’être facilement. L’obsolescence programmée, c’est la volonté des fabricants et commerçants de limiter la durée de vie des produits pour obliger ou inciter les consommateurs à acheter leurs nouveaux produits ; c’est particulièrement visibles pour les produits « EEE » (Equipement Electrique et Electronique) et les produits high tech (multimédias, informatique).

Il y a un petit nombre prouvé de cas d’obsolescence par conception technique perverse : durée de vie des ampoules abrégée dès les années 20, nylon moins solide à partir des années 40 ; imprimantes programmées pour tomber en panne au bout d’un certain nombre d’impressions, batterie d’un i’pad impossible à changer (cf le procès contre Apple aux Etats Unis). Cette volonté de concevoir des objets fragiles ou irréparables est difficile à prouver à cause du secret industriel. On est souvent dans l’ambiguïté : par exemple des écrans Samsung claquent rapidement ; c’est dû à l’inadaptation des condensateurs (prix très faible). Si on ne remédie pas à ce défaut s’agit-il d’une innocente erreur technique ou d’une obsolescence délibérée ? Les concepteurs sont tout à fait capables de créer des produits durables et réparables mais ce n’est peut-être pas leur priorité...

A qui le crime est-il nécessaire et profitable ?

En France, en 2007, les ménages sont déjà équipés de 70 à 99% en équipements électriques et high tech. Fabricants et commerçants sont à l’affût du « renouvellement ». Sans affirmer que c’est voulu, on constate la faible et décroissante longévité des appareils : actuellement 6 à 9 ans pour l’électroménager contre 12 à 15 ans il y a 50 ans ; 4 à 5 ans pour les écrans plats contre 10 à 15 ans pour les écrans cathodiques.

On peut estimer que l’âge auquel un produit devient « non réparable » est aussi son âge de remplacement escompté, soit 5 ans pour le « Brun » (Hi-Fi son, télé), 4 ans pour le petit électro-ménager ; 8 ans pour le « blanc- GEM » (Grand- Electro Ménager) et 4 ans pour le gris (informatique).

Les consommateurs innocents ? Hum !

Pour défendre leur intégrité, les commerçants font remarquer que ce sont les clients qui, au bout de 6-7 ans franchissent un « seuil » et pour des raisons psychologiques et esthétiques veulent changer.

Certains sociologues décrivent aussi certaines catégories de consommateurs comme insatiables de nouveau, de gadgets sophistiqués, lesquels, comme des jouets d’enfants, les « occupent » et font plaisir un moment. Oui, mais heureux hasard ! Justement, comme la machine économique ne peut pas s’arrêter : quelques mois après le e’Truc bleu, on sort, événement mondial occupant 5 bonnes minutes au JT, l’ iMachin rose tellement plus mignon, puis l’ iBidule vert tellement plus écolo...Et celui là, il dit « Papa, Maman, Pipi ». Vous n’allez quand même pas garder votre iGris de l’an dernier !

Oui, l’obsolescence est programmée ouvertement par la course au nouveau accompagné du fameux « y a rien à garder de l’ancien, rachetez tout ! »

Réparer ?! dans l’électronique, ça ne se fait pas

Quand un technicien d’un service après vente conclut son bordereau d’intervention par « réparations terminées, solution trouvée » ; ça ne veut pas dire « remis en état de marche » : c’est plus compliqué... Si c’est de l’électronique, le pronostic vital est tout de suite engagé : « vous savez, il n’est plus sous garantie, alors pour avoir les pièces, vous savez, la Chine c’est loin ...Et puis tout ça c’est soudé...on n’est pas autorisé à tenter l’opération qui risque de durer...Vous l’avez depuis 3 ans ? Vous savez, c’était déjà pas mal...Toutes mes condoléances... ». Beaucoup d’appareils ne sont pas réparés : soit faute de pièces de rechange ou de techniciens qualifiés en électronique, soit parce que les produits ne sont pas conçus et montés pour cela, soit par absence de notice technique, ou encore parce que les réparations sont trop chères comparées à l’achat du neuf. Il y aurait de la part du public beaucoup à exiger du côté de la garantie de durée et de la réparation. L’obsolescence rapide, qu’elle soit programmée par la fragilité ou la course à de pseudo nouveautés orchestrée par le gavage publicitaire des cerveaux ab outit à l’épuisement des ressources naturelles et à la création de montagnes de déchets dangereux avec 16 à 20kg de déchets d’équipements électriques et électroniques (ou DEEE) par an et par personne en France. Il faudrait y ajouter les déchets produits au cours de leur fabrication. Ainsi, le « sac à dos écologique » est de 20kg pour une puce de 0,08g et de 434kg pour un ordinateur de 2,8kg.

La collecte sélective capte 30% (soit 4 ou 5 kg par habitant et par an) des DEEE. Le reste est incinéré ou enfoui. Sur ces 30%, 2% sont réemployés (réparés ou réutilisés) et 80% recyclés. Ceci étant, le recyclage d’un DEEE est très partiel : il concerne la récupération et la refonte de certains métaux mais pas du plastique). On estime que 50% des DEEE des « pays riches » se retrouvent dans les « pays du Sud » (par exemple le Ghana) où ils sont « exploités » dans des conditions d’insalubrité totale, d’autant qu’ils contiennent un certain nombre de matières dangereuses.

D’après des chiffres de 1999, l’OCDE estime qu’avec une croissance de la « production primaire » de 2% par an, les réserves de cuivre, plomb, nickel, argent seraient épuisées en 30 ans, celles de fer et d’aluminium en 70-80 ans. Le lithium, métal essentiel pour la technologie des batteries électriques destinées, dit-on à un grand avenir, vient à peu près d’un seul secteur : les confins du Pérou de la Bolivie et du Chili.

La Chine a un quasi-monopole des « terres rares » substances indispensables à la miniaturisation de l’électronique. Dans ce dernier pays sont fabriqués les appareils Apple, Sony, Dell par le sous-traitant Foxconn ; dans des conditions d’esclavage telles qu’il s’y est produit une douzaine de suicides par défenestration. La firme a fait installer des filets pour prévenir. C’est carrément du social !

Oui, bien sûr les appareils électriques et électroniques sont à de nombreux égards libérateurs, précieux pour la vie relationnelle, l’information, les connaissances, la création, les loisirs... Mais non aux lavages de cerveaux publicitaires permanents pour de nouveaux gadgets prétendument toujours meilleurs. Oui à des appareils durables, démontables, réparables. Non aux appareils à jeter tous les 6 mois ou un an. Oui à des garanties longues. Non au gaspillage de ressources naturelles rares, aux conditions de travail inhumaines et aux masses énormes de déchets non recyclés.


Publié le mercredi 28 novembre 2012.

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